Association belge pour la littératie - Section francophone

L'ABLF poursuit ses activités

Caractères est désormais bisannuel (juin – décembre) avec de nouveaux articles, en version numérique, susceptibles d’alimenter les pratiques et réflexions en littératie. Retrouvez nos anciens numéros de Caractères, dont vous trouverez une sélection en page d'accueil.

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Sans Tabou !

Marie Desplechin, Emmanuelle Houdart, L’argent (2013).

Proost, Belgique: Éditions Thierry Magnier

Par Marine André

Atypique ! Voici le premier mot qui vient à l’esprit à la lecture de cet album. Atypique par le public auquel il s’adresse, les adolescents. Atypique par son format imposant et ses illustrations à la fois fascinantes et effrayantes. Atypique par son thème déconcertant : l’argent.

Bientôt aura lieu le mariage de Virginie et Ernesto, l’occasion pour Sylvia, la mère de la mariée, de réunir l’ensemble de la famille : parents, oncles, tante, cousins.

Commence alors une série de commentaires sur cette union. Les portraits des invités s’enchainent sous la forme de monologues qui se répondent et se mettent en perspective. Chacun a un rapport particulier à l’argent. Si Edward, le grand patron capitaliste, ne cache pas son amour pour celui-ci et est prêt à tout pour le gagner, il se considère aussi généreux car il permet aux populations des pays pauvres de travailler. Sa sœur, Bonnie, se considère différente de son abominable frère car elle vole aux riches pour donner aux pauvres mais celle-ci joue avec la légalité, contrairement à son frère…

À la fois stéréotypés et singuliers, ces portraits décrivent la complexité du monde et les rapports de forces qui s’y jouent : nous ne vivons pas dans un monde binaire, manichéen, fait de méchants et de gentils. Face à ces conceptions si différentes de l’argent, mais surtout de la vie, ce livre nous pousse à réfléchir à notre propre rapport à l’argent et nous renvoie à certains dilemmes moraux qui jalonnent notre existence : est-il préférable de gagner de l’argent légalement au détriment des plus pauvres ou d’être dans l’illégalité en le volant aux riches pour le donner aux pauvres ? Est-il plus juste de donner la même chose à tout le monde ou de donner plus à ceux qui en ont besoin ? Doit-on imposer notre mode de vie à d’autres sous prétexte qu’il semble mieux fonctionner ou laisser les autres vivre comme bon leur semble ? Autant de questions qui invitent à apporter notre propre réponse…


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Par Séverine Tellin

Séverine Tellin, professeur de français dans le secondaire inférieur,  a pris l’initiative de transposer dans des classes de première et deuxième années du secondaire une approche de l’orthographe déjà rodée dans l’enseignement primaire  : les ateliers de négociation graphique. Un précédent article portant sur cette question a d’ailleurs été publié par France Neuberg et Patricia Schillings dans le numéro 42 de Caractères: Les ateliers de négociation graphique : un outil pour comprendre les raisonnements des élèves en matière orthographique. Dans ce nouvel article, Séverine Tellin revient sur l’intérêt des ANG pour aider les élèves à surmonter les obstacles liées à la surcharge cognitive au moment de la production d’écrits et pour les stimuler à rechercher la forme correcte car ils ont souvent tendance à reléguer l’orthographe au second plan. L’analyse des erreurs réalisée dans le cadre des ANG se révèle également productive car elle met souvent en évidence le raisonnement effectué par l’élève. L’auteure termine son article par une réflexion sur les limites des ANG et les difficultés qu’elle a rencontrées dans leur mise en œuvre au secondaire. Cette contribution a également fait l’objet d’une communication lors du colloque organisé le 6 décembre 2015 sur le thème : Enseignement-apprentissage de la lecture-écriture : les garants de la participation citoyenne.

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Romane Toussaint fait part d’un projet mené dans une classe de 2e primaire d’une école bruxelloise en encadrement différencié (anciennement discrimination positive). Via différents dispositifs (du chantier d’écriture à la lecture à d’autres, en passant par la dictée à l’adulte), les enfants ont écrit le texte d’un album sans texte de Mario Ramos pour le présenter à une classe de 3e maternelle, avant de réaliser leur propre album pour le présenter aux familles. L’institutrice montre ainsi combien l’implication des enfants dans un double projet de lecture et d’écriture d’albums est susceptible de favoriser l’entrée dans l’écrit. Elle souligne également l’importance d’expliciter les apprentissages effectués, en particulier auprès d’un public pour lequel le rapport aux savoirs et aux apprentissages ne va pas de soi.

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Cansu Altepe s’est intéressée aux facteurs susceptibles d’influencer l’interprétation d’albums. En comparant, via une mise en réseau de quatre albums de Rascal, les interprétations d’enfants de 6e primaire issus de contextes culturels différents, elle constate que le rapport à la culture littéraire ainsi que le vécu personnel de chaque enfant déterminent les interprétations produites. Par la même occasion, elle rappelle le travail à mener sur les limites de l’interprétation, par le nécessaire va-et-vient entre une lecture participative et une lecture distanciée.

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Patricia Schillings, Stéphanie Géron et Virginie Dupont se penchent sur les résultats en lecture de nos élèves de 4e primaire lors de la dernière épreuve PIRLS. Les chercheuses pointent deux pistes explicatives des faibles résultats de nos élèves, relatives tant aux pratiques d’enseignement qu’à l’organisation de notre système scolaire. Ces carences, selon elles, concernent à la fois l’automatisation des démarches de décodage – non acquises par tous les élèves au terme du premier cycle – et les compétences plus complexes d’interprétation. En outre, ces deux pôles sont trop souvent envisagés dans une progression allant du simple au complexe, alors que les systèmes performants mobilisent des compétences de niveau plus complexe dès le début du primaire. Elles pointent également la rupture entre les niveaux maternel et primaire et attirent l’attention sur la complexité des mécanismes à l’œuvre dès l’entrée dans l’écrit en maternelle. Il s’agirait de combiner, dès la maternelle, des activités authentiques de lecture et d’écriture et de multiplier ainsi les occasions offertes à tous les élèves, quelle que soit leur origine sociale, de comprendre le sens des apprentissages langagiers.

Ces pratiques d’enseignement-apprentissage conjointes de la lecture et de l’écriture dès l’entrée dans l’écrit, intégrant décodage et interprétation, sont pourtant réalisables dans nos classes, ainsi qu’en témoignent les deux contributions suivantes issues de travaux de fin d’études.

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Geneviève Hauzeur

Comment Wang-Fô fut sauvé (Marguerite Yourcenar)

Au cours de français, l’entrée dans le secondaire implique notamment la lecture à domicile d’un certain nombre de romans. Ceux qui « aiment lire » s’acquittent sans doute facilement de leur tâche, mais restent sur leur faim quand leur implication se voit valorisée par la seule exécution d’un questionnaire de vérification ; pour les autres, ces lectures à domicile sont synonymes de corvée ou se réduisent à la recherche d’une fiche de lecture sur le net, quand elles ne sont pas tout simplement non réalisées, au grand dam des enseignants. Comment motiver les élèves à réellement s’engager dans la lecture de romans ? Comment exploiter leur lecture autrement que par le traditionnel questionnaire de vérification ? Comment les outiller pour en faire des lecteurs actifs et autonomes de récits de qualité ? Les cercles de lecture proposent des réponses très concrètes à ces questions, et ce quels que soient le niveau de maitrise des élèves, leurs attentes ou difficultés en lecture. Cet article expose les grands principes du dispositif et en propose une illustration via les traces de deux expérimentations menées dans des classes de 1re secondaire autour de la nouvelle de Marguerite Yourcenar, Comment Wang-Fô fut sauvé.

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