Conférences
HEB2, le 3 décembre 2025
Yves Nadon
Des procédés littéraires qui donnent de la force aux textes et à ceux qui les produisent
Mercredi 3 décembre à la HE2B, dans la salle où se déroule la conférence-atelier d’Yves Nadon, on entend voler les mouches. Le nez plongé dans le texte qu’ils sont en train de produire, 80 participants (enseignant·e·s, futur·e·s enseignant·e·s, professionnel·e·s du secteur de la culture), expérimentent un atelier d’écriture d’un genre très particulier. Trois phases de travail s’enchainent en boucle : de très brefs moments d’écriture entrecoupés de lectures d’albums dont les procédés littéraires sont analysés et des moments d’enseignement.
« Les idées ne tombent pas du ciel » ; la première leçon « Où prendre vos idées ? » est simple et efficace : les auteurs écrivent souvent et beaucoup en puisant dans les choses qu’ils aiment faire, les personnes, les endroits qu’ils apprécient ou encore dans les émotions fortes qu’ils et elles ont ressenties.
La mise en application est immédiate : six minutes sont octroyées aux participants pour lister de premières idées en lien avec ces quatre pistes d’écriture et amorcer le processus créatif. Au passage, les enjeux de la situation sont clarifiés : il s’agit de pratiquer l’écriture et non de se soumettre à une évaluation. Comme toute pratique sportive, l’apprentissage des techniques d’écriture requiert du guidage, de la répétition mais surtout de la confiance.
L’atmosphère bienveillante étant posée, les participants sont invités à piocher dans leurs premières idées tout juste listées pour faire un pas plus loin. Il s’agit à présent d’amorcer en quelques minutes la narration d’un petit moment vécu. Pour bien souligner l’importance de cette étape d’enrôlement dans le processus narratif, Yves Nadon invite les participants à amorcer deux récits « Ce ne sera pas l’œuvre de votre vie, c’est un matériau de départ que je vais vous aider à améliorer ».
Et la promesse est tenue.
On plonge d’abord dans le magnifique album de lecture Jane Yolen et John Schoenherr : « Des ailes dans la nuit ». Une lecture intégrale est offerte « pour absorber l’histoire ». Les participant.e.s sont ensuite invité.e.s à pointer des éléments textuels, des tournures de phrases élaborées/utilisées par l’auteure qui les ont personnellement marqué.e.s. Peu à peu les procédés littéraires et leurs effets sur les lecteurs sont identifiés et explicités : les évocations du caractère exceptionnel du moment, la manière dont l’auteure fait entrer le lecteur dans son univers et l’amène à se représenter le contexte tel que le perçoit la narratrice.

Extrait : https://editionsdeux.com/produit/des-ailes-dans-la-nuit/
Retour sur les textes initiés : les participants sont invités à se saisir de certains procédés littéraires mis en évidence pour rendre leurs textes plus attrayants et capter l’attention du lecteur. Le guidage est à la fois serré et bienveillant, on ne finalise rien, on envisage des révisions susceptibles de donner de la force à son texte.
Puis s’enchainent les découvertes d’autres albums : « L’histoire d’Erika » de Ruth Vander Zee, « L’autre côté » de Jaqueline Woodson, « Maman sur le fil à plomb » d’Hélène Gloria… Chaque nouvel extrait lu est analysé collectivement et vient élargir l’éventail des procédés mis à disposition des participants qui plongent et replongent dans leurs récits pour les améliorer avec un plaisir non dissimulé.


Extrait : https://editionsdeux.com/produit/lhistoire-derika/
Une heure trente plus tard, la ferveur des applaudissements en dit long sur l’efficacité de cette conférence-atelier. Le pari est gagné !
Les échanges se sont prolongés avec Martine Arpin qui a ramené l’expérience vécue dans la salle de classe et plus particulièrement à la maternelle. Grâce à des écrits d’élèves de maternelle, elle nous a montré comment proposer des moments d’écriture qui aideront les élèves à développer des représentations permettant d’entrer dans l’apprentissage formel en primaire. Laisser plus de temps aux élèves pour qu’ils découvrent, chacun où ils sont, le fonctionnement de l’écrit.


Pour en savoir plus sur nos intervenants :
Yves Nadon

Martine Arpin

Martine Arpin enseigne au primaire depuis presque 30 ans. Elle a reçu le prix Étincelle du ministère de l’Éducation du Québec en 2020 et l’ordre de l'excellence en éducation du ministère de l'Éducation du Québec pour son engagement dans son métier d’enseignante.
Martine Arpin est aussi autrice de divers articles et ouvrages sur la lecture, l’écriture et la littérature pour la jeunesse. Elle a également écrit plusieurs albums jeunesse dont le premier, Thomas, illustré par Claude K. Dubois a a reçu le prix Cécile-Gagnon de l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse.
Si vous voulez en savoir plus sur la pratique de Martine Arpin dans sa classe, rendez-vous sur son blog : https://atelierecritureprimaire.com
9 Octobre 2024
Dépoussiérer les cercles de lecture

Le mercredi 9 octobre l'ABLF (Association belge de littératie, section francophone) et la HE2B ont co-organisé, sur le campus de Defré, une rencontre intitulée Dépoussiérer les cercles de lecture, destinée aux enseignant.e.s et futur.e.s enseignant.e.s du fondamental et secondaire sur les cercles de lecture.
La conférence était introduite par la directrice-présidente de la HE2B, Suna Tekir, qui nous fait le plaisir de nous soutenir dans nos initiatives. La conférence a réuni de nombreuses personnes qui ont pu, dans un premier temps, se (re)faire une idée des enjeux didactiques des cercles, mais aussi observer des traces de réflexion d'élèves du primaire et secondaire sur leurs lectures : impressions, questionnements, réactions face aux personnages, aux éléments de l'intrigue, aux valeurs portées, etc. Cette première partie, présentée par Graziella Deleuze et Geneviève Hauzeur, toutes deux formatrices d'enseignant·e·s à la HE2B et membres de l’ABLF, a été suivie par un partage d'expérience proposé par deux institutrices, Lydia Clooth et Sabine Mahy, qui ont testé une mise en réseau de cercles de lecture autour de la notion de point de vue avec des élèves de 3eme et 4eme année dans une école de Woluwe-Saint-Pierre.
La demi-journée s'est achevée par une rencontre avec Rascal. Lors de cet après-midi d’échanges consacrés au dépoussiérage des cercles de lecture, nous avions, en effet, envie d’inviter un auteur dont l'œuvre se prête particulièrement au débat interprétatif, à la lecture de l’implicite, un auteur dont les œuvres sont résistantes à délivrer la signification (Tauveron, 1999, 2002) et demandent une collaboration du lecteur. Nous avions envie aussi, pourquoi se le cacher, de nous faire plaisir… C’est ainsi que nous avons invité l’un de nos plus grands auteurs-illustrateurs belges, Rascal, alias Pascal Nottet, qui a reçu de nombreux prix en Belgique, en France, en Italie et qui est nominé depuis plusieurs années pour le prestigieux prix Astrid Lindgren (sorte de prix Nobel de la littérature pour la jeunesse).
Ce qui nous fascine tant dans son œuvre, ce sont ces nombreuses caractéristiques qui en font un auteur singulier… Tout d’abord cette capacité à aborder des thèmes difficiles ou “politiques” dans le sens noble du terme : le divorce, les sans-papiers, les familles mono-parentales, l’absence du père lorsque celui-ci est en prison, le racisme, l’adoption, le libre choix de sa vie… Rascal ose mettre en texte et en images ces thématiques lourdes : il ne ment pas aux enfants, il leur parle comme à des adultes, sans édulcorer la dure réalité du monde. Mais il réussit à aborder ces thèmes avec douceur, subtilité, avec une certaine poésie même et avec une qualité artistique des images. Il sait, en effet, s’entourer d’illustrateurs qui portent, habillent son texte, qui collaborent avec les mots et font de son œuvre une œuvre belle, attachante, touchante, émouvante et grave à la fois. Par ailleurs, Rascal aime offrir à son lecteur plusieurs interprétations : il n’impose pas ses dénouements qu’il laisse volontairement ouverts. Il propose au lecteur des pistes de possibles, des pistes de réflexion, il laisse à son lecteur le libre arbitre : “je t’ai décrit une situation, raconté une histoire, à toi maintenant de décider de la fin de cette histoire.”
C’était donc un très grand honneur et un très grand plaisir pour nous d’accueillir ce grand auteur et d’échanger avec tous les acteurs de terrain de l’enseignement.
4 Octobre 2023
Enseigner la grammaire avec le nouveau référentiel

Retrouvez les supports des intervenants :
Dan Van Raemdonck
Véronique Cambier et Benoit Wautelet
Nicolas Paillé
6 Octobre 2021
Juliette Renaud
Apprendre aux élèves à lire les documentaires numériques : quels enjeux ?
Son intervention porte sur les difficultés rencontrées par les élèves pour lire les documentaires numériques et sur les pistes concrètes pour les dépasser.
Vous voulez revoir cette conférence ? Rendez-vous ici :


Juliette Renaud est formatrice à l’INSPÉ Centre- Val de Loire (Orléans) et membre du laboratoire ACTé.
30 avril 2019
Journée Plan Lecture
L’ABLF est responsable de la conférence introductive, fil rouge de la journée. Cette conférence revient sur les enjeux de la lecture de 0 à 18 ans !
Le texte de cette conférence est disponible dans le Caractères 59
Lors des ateliers, il est question d'engagement dans la lecture, de mise en réseau et de réactions personnelles aux textes.



Autres rencontres réalisées
- le mercredi 03/05/2017 à la Haute école Bruxelles-Brabant (Defré)
- le mercredi 22/02/2017 à la Haute École Albert Jacquard
- le vendredi 6/11/2015 à la Haute École de Bruxelles/Defré
- le mercredi 22/10/2014 à la Haute École Robert Schuman à Virton
- le mercredi 14/05/2014 à la Haute École Libre Mosane à Liège
- le samedi 19/10/2013 à la Haute École de Bruxelles/Defré






