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Catherine Locandro
Éditions Albin Michel, 2019

Par Déborah Danblon

Le récit commence en 1942 dans le Kentucky, Cassius Clay a 5 ans. C’est un beau petit garçon joyeux, bien loin encore du champion de boxe que le monde entier connaitra sous le nom de Mohamed Ali. Mais déjà, il a, chevillé au corps, une exigence viscérale de justice. Et peut-être plus encore une abhorration de l’injustice. Jeune ado, il va découvrir la boxe et ces salles aux valeurs strictes où noirs et blancs combattent en tout égalité. Avec ce sport, il trouve son moyen d’expression. Ses poings, son envie de vaincre en équité, et le besoin de devenir le porte-parole de la cause de ses frères noirs le conduiront là où l’on sait : champion du monde, héros et icône. Sous la plume de Catherine Locandro, Cassius est avant tout l’histoire d’un homme debout, quelles que soient les épreuves qu’il traverse, les défis qu’il se donne, les luttes qu’il incarne. Une réelle inspiration, que l’on aime la boxe ou pas, d’ailleurs.

 

De la vie d’un Mohamed Ali, on connait surtout les ceintures de champion de boxe. Moins souvent les convictions et l’engagement et pourtant, pour lui, l’un n’allait pas sans l’autre. La boxe était un moyen ; ses divers combats, une fin. La force de cette biographie réside dans le fait qu’elle n’est pas qu’une biographie. Les faits historiques sont là, précis, mais on se nourrit probablement autant dans le contexte que l’auteur dépeint à petites touches et dans une galerie de personnages tout en nuances. Le lecteur mesurera l’époque et la volonté du champion comme s’il y était. Parfois, ça aide fameusement à grandir de se sentir noir et pauvre.