Association belge pour la littératie - Section francophone

Coin lecture

Marie Desplechin, Emmanuelle Houdart, L’argent (2013).

Proost, Belgique: Éditions Thierry Magnier

Par Marine André

Atypique ! Voici le premier mot qui vient à l’esprit à la lecture de cet album. Atypique par le public auquel il s’adresse, les adolescents. Atypique par son format imposant et ses illustrations à la fois fascinantes et effrayantes. Atypique par son thème déconcertant : l’argent.

Bientôt aura lieu le mariage de Virginie et Ernesto, l’occasion pour Sylvia, la mère de la mariée, de réunir l’ensemble de la famille : parents, oncles, tante, cousins.

Commence alors une série de commentaires sur cette union. Les portraits des invités s’enchainent sous la forme de monologues qui se répondent et se mettent en perspective. Chacun a un rapport particulier à l’argent. Si Edward, le grand patron capitaliste, ne cache pas son amour pour celui-ci et est prêt à tout pour le gagner, il se considère aussi généreux car il permet aux populations des pays pauvres de travailler. Sa sœur, Bonnie, se considère différente de son abominable frère car elle vole aux riches pour donner aux pauvres mais celle-ci joue avec la légalité, contrairement à son frère…

À la fois stéréotypés et singuliers, ces portraits décrivent la complexité du monde et les rapports de forces qui s’y jouent : nous ne vivons pas dans un monde binaire, manichéen, fait de méchants et de gentils. Face à ces conceptions si différentes de l’argent, mais surtout de la vie, ce livre nous pousse à réfléchir à notre propre rapport à l’argent et nous renvoie à certains dilemmes moraux qui jalonnent notre existence : est-il préférable de gagner de l’argent légalement au détriment des plus pauvres ou d’être dans l’illégalité en le volant aux riches pour le donner aux pauvres ? Est-il plus juste de donner la même chose à tout le monde ou de donner plus à ceux qui en ont besoin ? Doit-on imposer notre mode de vie à d’autres sous prétexte qu’il semble mieux fonctionner ou laisser les autres vivre comme bon leur semble ? Autant de questions qui invitent à apporter notre propre réponse…

Valentine Laffotte, Aux quatre coins du monde

Éditions Versant Sud, 2020.

Par Brigitte Van den Bossche

Le monde est parcouru d'histoires. De nature animale, d'essence végétale ou propres à l'espèce humaine. Quelles qu'elles soient, d'où qu'elles viennent aussi, du Grand Nord comme des extrémités du Pôle Sud, ces histoires témoignent du souffle de vie et dessinent une sphère harmonieuse et authentique. Ça se passe depuis la nuit des temps : la mélodie du passé façonne le présent, qui régule l'avenir. Les différents règnes s'imbriquent, ils s'assemblent, formant une grande société – la Terre – faite de transmissions et d'interactions. Mais...

Ricard Ruiz Garzón, L’immortelle

Traduit de l’espagnol par Anne Cohen Beucher.

Alice jeunesse, 2019.

Par Deborah Danblon

Judit n’a qu’une idée en tête, passer et surtout réussir un grand concours de dessin. Il faut qu’elle l’obtienne si elle veut entrer dans l’école de ses rêves. Alors, elle s’exerce sans relâche. Pour qu’elle pratique sa technique, et pour varier les sujets, son grand-père l’emmène au parc où elle s’entraine à croquer les joueurs d’échecs. Et, qui l’eut cru, elle qui ne jurait que par les crayons et les pinceaux se découvre une nouvelle passion. Le jeu lui-même. Passion attisée par son aïeul qui s’en réjouit secrètement et par Maître Aliyat, un vieux joueur iranien, aussi génial que sans papiers. Concentrée sur la partie qu’elle décide de jouer presque malgré elle et sous l’œil d’un étrange narrateur, il va falloir un temps à la jeune fille pour comprendre qu’autour d’eux, un jeu d’une tout autre ampleur est en train de se tisser.

Anne Kellens, Sioux, Soussou et Souzie

Éditions MeMo

Par Brigitte Van den Bossche

Immersion dans un univers baroque, inclassable et raffiné à la fois. Sioux, Soussou et Souzie constitue un album littéralement « extra » ordinaire de la peintre et graveuse belge Anne Kellens, qui signe ici un opus visuel confinant à la rareté. Trois souriceaux donnent leur nom à une œuvre éblouissante et énigmatique qui se laisse approcher en lenteur.

  • 1
  • 2

We use cookies on our website. Some of them are essential for the operation of the site, while others help us to improve this site and the user experience (tracking cookies). You can decide for yourself whether you want to allow cookies or not. Please note that if you reject them, you may not be able to use all the functionalities of the site.

Ok