Association belge pour la littératie - Section francophone

Caractères 57

Sommaire

Caracteres 59

Samira Lkoutbi et Yves Khordoc, tous deux instituteurs primaires à Bruxelles, nous dévoilent leur expérience de la twictée en 5e et 6e primaire. Née de la réflexion de deux enseignants français ayant déjà expérimenté les impacts positifs qu'engendre l'utilisation de Twitter en classe, la twictée implique à ce jour plus de 600 classes francophones à travers divers pays. Le principe est simple : trois classes sont mises en correspondance. Dans chaque classe, les élèves produisent en petits groupes, via un processus qui n'est pas sans rappeler la dictée négociée, un texte écrit sous la dictée. À cette étape, la classe est dite « classe scribe ». Elle envoie ensuite les textes produits par les groupes d'élèves à une autre classe qui va pointer les erreurs et proposer des outils de correction. À cette étape, la classe est dite « classe miroir ». Les outils de correction sont alors renvoyés vers les groupes de la première classe qui procèdent à la correction. Il est ainsi possible de travailler avec des classes qui sont très éloignées géographiquement.

Pour les deux auteurs, il s'agit d'abord d'une aventure collaborative entre enseignants qui échangent, s'accordent au sujet d'un texte à dicter aux élèves. C'est aussi une aventure entre élèves qui, pour se corriger entre pairs, puisent dans leurs acquis orthographiques, se plongent dans leurs référentiels afin de se réapproprier ou même de découvrir les règles qui justifient les différentes graphies. Enfin, outre l'apport en termes de motivation à écrire sous la dictée et à s'engager dans la correction, participer à la twictée, c'est l'occasion de mener une réflexion avec les élèves sur les conditions d'utilisation des réseaux sociaux en classe et dans la vie de tous les jours.

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Joëlle Kirch, institutrice primaire au Grand-Duché du Luxembourg, relate une expérience menée dans le cadre de son travail de fin d'études à propos de la réécriture, dans une classe de 3e primaire. Partant du constat que ses élèves ne savaient pas comment apporter des modifications pertinentes de contenu pour améliorer leur brouillon, elle a mis en place un chantier d'écriture tout au long duquel, pas à pas, elle a conduit les élèves à améliorer leur production écrite à travers différentes étapes structurées. Parmi les activités possibles de réécriture qu'elle a identifiées dans son analyse des travaux de différents auteurs et qu'elle liste dans ses apports théoriques, elle a choisi de développer la lecture à haute voix, l'entretien individuel avec l'enseignant et l'amélioration de la production écrite par d'autres élèves. Au rang des outils de correction possibles, elle a retenu la grille d'évaluation et le code de correction.

Après avoir brossé le contexte général du chantier d'écriture, l'auteure relate chaque activité de réécriture et chaque outil de correction de manière détaillée. Les documents conçus pour les élèves sont présentés dans les différentes figures. L'ensemble permet d'avoir une représentation précise du déroulement des activités. L'auteure fait également part de ses observations et critiques par rapport aux différentes activités et outils, principalement fondées sur l'analyse des réactions des élèves.

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Partant du constat que pour de nombreux élèves du secondaire ou du supérieur, l'écriture est source de souffrance et d'anxiété, Patricia Schillings et Valérie Bluge, respectivement chargée de cours et chargée de recherche à l'Université de Liège, nous font l'écho de pistes méthodologiques d'enseignement et apprentissage de l'écriture développées au Canada sur la base des travaux de Donald Graves, professeur émérite à l'Université du New Hampshire. Selon lui, les difficultés qu'éprouvent les élèves trouvent leur source dans les premières années de leur scolarité, au moment où l'écriture est principalement utilisée à des fins d'évaluation, de vérification des acquis dans les disciplines, de maitrise des genres et de l'orthographe. Rien d'étonnant dès lors à ce que la plupart des élèves ne découvrent ni le pouvoir de l'écriture, ni ses fonctions réflexives. L'école peut pourtant devenir un lieu où les élèves découvrent leur voix d'auteur. Ces pistes méthodologiques, aujourd'hui traduites et accessibles au monde francophone, conjuguent l'enseignement explicite de stratégies d'écriture et les principes issus du courant didactique des ateliers d'écriture ciblés sur le plaisir, l'émotion, le développement d'une posture d'auteur et le partage des productions. Il s'agit d'une approche intégrée de la langue dans laquelle les quatre compétences de base (savoir lire, savoir écrire, savoir écouter et savoir parler) sont indissociables.

Les deux auteures rappellent les enjeux et les principes de l'enseignement explicite avant de détailler la structure des ateliers d'écriture mis en place en 1re année primaire, une pratique quotidienne soutenue par des échanges individualisés avec l'enseignant et des échanges entre élèves à propos de leurs écrits.

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